Le tourisme médical au Maroc pourrait générer 300 000 arrivées supplémentaires

Le Maroc est loin d’avoir atteint son potentiel dans le secteur du tourisme médical, mais une stratégie de marque nationale et des investissements suffisants pourraient s’avérer utiles.

Le tourisme médical au Maroc pourrait générer plus de 300 000 arrivées supplémentaires, affirme le président du conseil d’administration de la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT), Imad Berrakad.

Le tourisme médical consiste à voyager à l’étranger pour recevoir des soins médicaux. Au moins 20 millions de personnes à travers le monde se rendent chaque année dans des pays dotés de systèmes de santé avancés, de traitements médicaux à faible coût, ou même de ressources naturelles présentant des avantages médicaux, comme les sources minérales et sulfureuses.

Le Maroc s’est classé 31e au classement général de l’indice du tourisme médical 2020-2021, un classement inférieur à la moyenne. Bien que les hôpitaux privés marocains puissent être attrayants pour les étrangers, l’indice indique que les visiteurs considèrent généralement les hôpitaux publics du pays “comme décrépis et manquant de médecins qualifiés, de médicaments et d’équipements.” La même source indique que le Maroc ne dispose pas d’un environnement culturel et politique idéal pour les touristes médicaux potentiels.

S’adressant aux médias d’État marocains, M. Berrakad a déclaré que le tourisme médical dans le pays représente une opportunité “très prometteuse” et présente des avantages comparatifs et compétitifs.

Berrakad a expliqué que le développement du tourisme médical au Maroc nécessite la mise en place d’une offre médicale adéquate, d’agences spécialisées, ainsi que d’un cadre réglementaire régissant leurs activités.

Il a rappelé la loi 113-13 de février 2015, qui concerne l’autorisation d’ouverture des cliniques privées aux investisseurs non médicaux. Le président de la SMIT a qualifié cette loi d’acquis majeur et de catalyseur de l’investissement dans le tourisme médical au Maroc.

Toutefois, le professionnel estime que l’essor du tourisme médical au Maroc nécessite la mise en place d’un écosystème qui le favorise. Un écosystème du tourisme médical doit comprendre, entre autres, des médecins, des incitations, des opérateurs professionnels et des directives légales.

Le président de la SMIT prévoit que cet écosystème ancrera le Maroc parmi les principales destinations internationales et suivre l’évolution du tourisme médical en Turquie, en Thaïlande, en Egypte, en Inde, au Liban et en Malaisie.

L’Institut marocain d’intelligence stratégique (IMIS) a récemment publié une étude indiquant que la stratégie de marque, la transformation numérique et l’anticipation de nouveaux marchés au Maroc sont des facteurs clés qui stimuleront l’industrie du tourisme médical du pays.

Exploiter ce potentiel nécessite, selon l’IMIS, la promotion par le gouvernement d’une stratégie de marque nationale et le soutien aux investissements nécessaires dans les domaines de la santé et de l’hébergement.

Le développement du tourisme médical pourrait aider le Maroc dans sa reprise économique progressive, d’autant plus que le secteur du tourisme, qui représente 11 % du PIB du pays, a été durement touché par la pandémie de COVID-19.

Après des mois d’élaboration de plans d’action stratégiques et d’approbation de lois pour aider au redressement du secteur, une délégation de l’Office national du tourisme du Maroc (ONMT) a entamé le 3 décembre une tournée nationale pour rencontrer les professionnels du tourisme et s’informer des défis auxquels ils sont confrontés alors que le pays continue de lutter contre la COVID-19.

La tournée a pour but de contribuer à l’élaboration d’un plan de relance bien adapté au secteur après la crise du COVID-19 en rencontrant des professionnels travaillant dans des hôtels, des restaurants et d’autres entreprises axées sur le tourisme.

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